Comment les jeunes adultes perçoivent-ils·elles, avec le recul, les séances d’éducation à la sexualité reçues au cours de leur scolarité ? À l’heure où un nouveau programme national encadre ces interventions depuis la rentrée 2025 , un article thématique du Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH), publié en mai 2026 , propose un bilan inédit basé sur les données de la grande enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023).
Cet article rétrospectif s’appuie sur les souvenirs de 2 086 personnes interrogées, âgées de 18 à 29 ans. Il permet de mesurer l’impact de la loi de 2001 (qui impose au moins trois séances annuelles) et de cartographier la diversification des thématiques abordées au fil des générations.
Les grands enseignements de l’étude
L’analyse des déclarations des participant·es met en lumière plusieurs dynamiques majeures :
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Une couverture globale importante, mais concentrée sur le collège : Près de 9 jeunes sur 10 (89%) déclarent avoir bénéficié d’au moins une séance au cours de leur scolarité. Cette pratique est largement ancrée au collège (80%) , mais s’avère nettement moins fréquente au lycée (44%) et reste rare à l’école élémentaire (13%).
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La montée en puissance des sujets relationnels : Si les thématiques « historiques » liées à la prévention des risques (contraception pour 97% des répondant·es , IST pour 93% ) restent centrales, les dimensions relationnelles progressent fortement. Le consentement est ainsi cité par 74% des 18-19 ans, contre seulement 51% des 25-29 ans. De même, la sensibilisation aux violences sexuelles (60%) et au cyberharcèlement (80%) est particulièrement marquée chez les plus jeunes.
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Des marges de progression persistantes : Les questions liées au plaisir, au désir sexuel (évoqués par moins d’une personne sur deux) ou aux orientations sexuelles restent encore minoritaires dans les souvenirs des bénéficiaires.
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Des disparités selon le statut des établissements : Les élèves scolarisé·es exclusivement dans le secteur public sont plus nombreux·euses à avoir reçu ces séances (90% contre 84% dans le privé). Les écarts se révèlent particulièrement notables durant les années de collège.
Quel impact sur l’entrée dans la vie sexuelle ?
L’enquête démontre que le fait d’avoir suivi ou non des séances d’éducation à la sexualité n’influence pas l’âge du premier rapport sexuel. En revanche, l’impact est qualitatif : chez les femmes, il existe un lien statistique fort entre le fait d’avoir bénéficié de ces séances et le sentiment d’avoir connu son premier rapport au moment adéquat.
À l’inverse, près d’une jeune femme sur deux n’ayant reçu aucune éducation à la sexualité à l’école aurait souhaité que ce premier rapport se déroule plus tard (43%, contre seulement 16% pour celles qui ont assisté à au moins une séance).
Un outil de réflexion pour les professionnel·les de la prévention
Pour les acteurs·rices de la promotion de la santé et de l’éducation, cet article souligne l’importance de pérenniser des parcours éducatifs continus, graduels et cohérents tout au long de la scolarité. Il invite également à renforcer le suivi qualitatif des interventions et à soutenir le développement de supports pédagogiques adaptés aux réalités contemporaines des adolescent·es.
Le document complet est mis à votre disposition en téléchargement libre. Il comprend l’intégralité de l’article, les méthodologies détaillées de l’enquête CSF-2023 ainsi que les tableaux statistiques associés.
📥 Télécharger l’article complet (PDF)
Référence de la publication : Rahib D, Amsellem-Mainguy Y, Sireyjol A, Andro A. Éducation à la sexualité : déploiement et diversification des thématiques traitées au cours des deux dernières décennies. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(12-13):250-6



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